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01/26/2005
Reconstruction Tsunami : la mission d’enquête de Global Unions dresse les priorités d’action
Bruxelles, le 26 janvier 2005 (CISL EnLigne) : Alors que les organisations syndicales du monde entier continuent de récolter des millions de dollars pour contribuer aux efforts de reconstruction suite au tsunami, une mission de dirigeants syndicaux internationaux et régionaux vient de rentrer d’Indonésie et du Sri Lanka, les deux pays les plus cruellement touchés par cette catastrophe naturelle sans précédent.

Emotionnellement très ébranlés par les destructions « d’une ampleur absolument inédite et inimaginable » constatées sur le terrain, les membres de la mission ont témoigné à leur retour de « l’étendue gigantesque de la détresse humaine » observée sur le terrain, insistant particulièrement sur « la proportion effroyable d’enfants parmi les victimes ».
Mamounata Cisse, secrétaire générale adjointe de la Confédération internationale des syndicats libres, visite un camp de réfugiés à Aceh. (Photo: EI)

Avec à sa tête Fred van Leeuwen, secrétaire général de l’Internationale de l’Education (EI) et président de la Conférence générale des fédérations syndicales internationales (FSI), cette mission comprenait également Mamounata Cissé, secrétaire générale adjointe de la CISL, Noriyuki Suzuki, secrétaire général de l’Organisation régionale pour l’Asie et le Pacifique (ORAP-CISL), ainsi que des représentants régionaux des fédérations syndicales internationales (ISP, FIOM, FITBB).

Sur base de nombreuses rencontres sur le terrain avec des syndicalistes locaux ainsi qu’avec d’autres acteurs sociaux concernés, cette mission d’enquête a permis de compléter les rapports déjà reçus des syndicats de la région et de dresser les priorités d’action pour répondre aux besoins de reconstruction les plus criants. La mission recommande que Global Unions soit représenté sur place a Banda Aceh pour aider les syndicats dans l'exécution et le contrôle des programmes d'aide de solidarité.


Fred van Leeuwen, secrétaire général d’EI (à droite) et Tom Hobart, vice-président de la Fédération américaine des enseignants (à gauche), devant les ruines d’une école secondaire d’Aceh. Aucun élève ou enseignant de cette école n’a survécu au tsunami (Photo: EI)

«La première priorité est d’apporter une aide matérielle d’urgence aux familles des travailleurs décédés qui se retrouvent complètement démunies. L’aide à la reconstruction de logements est essentielle. Les enfants orphelins ont besoin de recevoir une aide pour qu’ils puissent poursuivre leur éducation. L’aide psychologique post-traumatique à apporter aux enfants comme aux adultes est également prioritaire ».

Au-delà de l’urgence la plus immédiate se pose la question cruciale de comment permettre aux millions de travailleurs qui ont perdu leurs gagne-pain, en particulier parmi les pêcheurs massivement touchés, de trouver de nouveaux moyens d’assurer leur survie et celle de leurs familles. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime qu’environ un million de personnes se sont retrouvées sans emploi rien qu’au Sri Lanka et en Indonésie. Ce sont en majorité des pêcheurs, mais aussi de petits agriculteurs et de petits commerçants. Appuyant l’OIT qui insiste pour qu’une « stratégie de création intensive d’emplois soit intégrée » dans les programmes humanitaires et de reconstruction consécutifs au tsunami, la mission de Global Unions insiste aussi sur la nécessité de développer des programmes d’aide en en formation professionnelle et l’appui des projets de création d’emplois durable, notamment par le biais de la création de coopératives.

Les syndicats sur place ont également insisté sur la nécessité que le mouvement syndical international les aide à lutter contre l’érosion des droits des travailleurs et contre le risque d’aggravation de l’exploitation des travailleurs adultes et des enfants.

Par ailleurs, les interlocuteurs syndicaux locaux rencontrés par cette mission ont souligné la nécessité que les syndicats etles autres composantes de la société civile soient pleinement impliqués dans le processus de reconstruction. Ce qui n’est malheureusement pas le cas au Sri Lanka où les syndicats n’ont pas été invités à participer aux « taskforces » nationales de reconstruction.


Voici ce qui reste d’une école secondaire d’Aceh. Aucun de ses élèves ou enseignants n’a survécu au tsunami (Photo: EI)

Ayant été témoin des difficultés sur le terrain d’assurer que l’aide distribuée parvienne bien aux plus nécessiteux, la mission renforce aussi la conviction de la CISL et de ses partenaires de Global Unions qu’il faut faire pression pour assurer que l’aide soit gérée de façon totalement transparente et distribuée de façon équitable.

Pour rappel, le groupement Global Unions s’est engagé à faire pression sur la communauté internationale pour qu’elle honore ses engagements d’aide à la reconstruction, en veillant prioritairement à une reconstruction durable de l’économie et des infrastructures publiques.

En attendant la publication prochaine du rapport complet de la mission, vous pouvez déjà obtenir plus de détails à son sujet sur le site spécial Tsunami de l’Internationale de l’Education, à l’adresse suivante :
http://www.ei-ie.org/tsunami/en/index.html

La CISL représente 145 millions de travailleurs dans 233 organisations affiliées dans 154 pays et territoires. La CISL est également membre de Global Unions :
http://www.global-unions.org

Pour plus d’informations, veuillez contacter le Service Presse de la CISL au +32 2 224 0206 ou au +32 476 621 018.



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