UNI COMMERCE HOME PAGE 2000

European Social Dialogue in Commerce
Conference on Employment
Lisbon, Portugal, 14 April 2000

Speech by Mrs. Anna Diamantopoulou, European Commissioner for Employment and Social Affairs

 

Allocution d'honneur

 

Erkki Liikanen

Commissaire européen chargé de la politique de l'entreprise et des technologies de l'information

 

"L'avenir du commerce européen dans le cadre de la politique d'entreprises"

Le sommet historique de Lisbonne des 23 et 24 mars derniers fut marqué par l'engagement, pour la décennie à venir, de faire en sorte que l'économie européenne devienne la plus dynamique du monde. Il est nécessaire d'accompagner cette ambition en tenant compte non seulement des transformations que connaît notre société, mais aussi des valeurs propres à l'Europe. L'enjeu est d'orienter l'Union sur la voie d'une société cognitive dont l'économie est fondée sur la connaissance.

 

Or, le commerce fait partie intégrante de cette culture européenne et de son économie. Avec le commerce électronique, de nouveaux paradigmes apparaissent, des défis sans précédents doivent être relevés et de nouvelles possibilités s'offrent à notre société. Dans l'entreprise, les politiques à mener constitueront un pilier essentiel des stratégies initiées par le Conseil européen de Lisbonne. Leur objectif est d'aboutir au plein emploi en favorisant l'émergence d'un esprit d'entreprise plus dynamique.

Favoriser la création d'entreprises

Il faut plus d'entrepreneurs en Europe. Nous devons encourager les jeunes à être plus confiants dans leurs capacités de réalisation en veillant à les doter des compétences nécessaires à leur réussite. Par ailleurs, il est crucial que les PME puissent bénéficier d'un environnement propre à favoriser leur développement.

Nous devons aussi faciliter la création d'entreprises. En la matière, les questions financières sont souvent déterminantes. C'est pourquoi, les modes de financements adaptés à chaque type d'initiative doivent être mis en place en particulier lorsqu'il s'agit de favoriser la création d'entreprises dans les domaines les plus novateurs où la capacité de croissance est importante. Cette action est nécessaire afin de doter l'Europe de nombreuses activités afin de faire face à la montée en puissance de la mondialisation.

Les instruments qui permettront d'atteindre ces objectifs existent déjà. Les plus efficaces sont l'échange de bonnes pratiques ou encore l'étalonnage (bench marking) qui permet à chacun de tirer profit de l'expérience des autres. Par ailleurs, la mise en œuvre des politiques de coordination a permis l'élaboration de différents programmes d'actions concertées tels que le processus de Luxembourg.

C'est pourquoi, la contribution des partenaires sociaux du commerce au stade de l'élaboration des politiques d'encouragement aux entreprises est primordiale. Leurs propositions ont d'ailleurs été largement reprises dans les conclusions du Sommet de Lisbonne. Or, ces contributions sont d'autant plus importantes que le secteur du commerce tend à devenir un élément clé de l'économie européenne grâce à des perspectives de croissance très encourageantes et un potentiel d'emplois encore prometteur.

Maîtriser la révolution électronique

Les changements auxquels nous avons assisté ces dernières années, engendrés par l'avènement du commerce électronique, ont provoqué des mutations rapides. C'est un phénomène à plusieurs facettes qui se révèle complexe.

La véritable révolution électronique se déroule essentiellement dans le cadre des relations "business to business". Le commerce électronique entre deux entreprises couvre de multiples activités ce qui permet non seulement la réduction de nombreux coûts, mais aussi l'amélioration de la qualité des services, l'ouverture à d'autres marchés, la possibilité de dégager de nouvelles recettes et d'élaborer de nouveaux modèles d'exploitation. Ainsi, de nouvelles participations dans le commerce électronique ont été annoncées dans le domaine du "business to business" par des sociétés comme Carrefour, General Motors, Ford ou Volkswagen.

Dans le domaine de la consultance, d'ici à 2004, 80% des dirigeants utiliseront le commerce électronique. Les entreprises plus petites, en particulier celles qui comptent moins de dix salariés, semblent être plus hésitantes et se préoccupent davantage des investissements à réaliser afin de se doter d'un matériel performant.

Pour le consommateur, les retombées seront de moindre importance puisque les relations entre l'entreprise et le consommateur ne devraient représenter que 15 à 20% du commerce électronique. Néanmoins, quatre domaines d'activités devraient s'imposer : le secteur bancaire, le tourisme, l'informatique, les livres et la musique.

Dans le secteur bancaire les réductions de coût induites lorsque les opérations se font on-line sont tellement importantes que, d'ici quelques années, nous pouvons imaginer que toutes les activités bancaires de détail se feront de cette manière. En effet, une opération effectuée au guichet coûte aujourd'hui un euro, et un peu moins par téléphone. On-line, le coût de cette même opération est ramené à 0,01 euro. Il en va de même pour les activités boursières. Le mouvement est donc inéluctable.

En ce qui concerne le tourisme, des sondages d'opinion indiquent que la plupart des agences de voyage vont fournir leurs services par l'intermédiaire du web. Aujourd'hui déjà, nombreux sont ceux qui ne se rendent plus dans une agence de voyage pour acheter leur titre de transport. Tout se passe on-line.

Enfin en matière informatique, pour la fourniture de logiciels, ainsi que pour les livres et la musique, on se rend compte que le commerce électronique est déjà une réalité même si parfois on constate quelques problèmes de stocks et de rentabilité. Toutefois, les choses évoluent.

Innover pour favoriser l'emploi

Le secteur du commerce se préoccupe des conséquences que ces mutations engendrent. Or il semble qu'un réel consensus se dégage. L'utilisation des techniques de l'information ainsi que le développement du commerce électronique vont à la fois encourager et tuer l'emploi. Néanmoins, à terme, l'incidence sera positive avec la création de nombreuses activités génératrices d'emplois et la réduction des coûts superflus permettra de favoriser la croissance et la productivité. Enfin, l'utilisation des technologies numériques permettra d'aboutir à une plus grande cohésion au niveau mondial, la notion de distance ayant disparue.

Au niveau européen, l'initiative "e-Europe" de la Commission traduit notre ambition de permettre à chaque citoyen européen d'accéder aux nouvelles technologies de l'information. Pour réaliser cet objectif ambitieux trois postulats devront être remplis :

 

***

 

Si le défi est grand, les occasions à saisir sont bien réelles. Il s'agit de la plus grande révolution économique que nous connaîtrons de notre vivant. Les mutations qui en découlent sont considérables et s'accompagnent d'autres révolutions que celle suscitée par le commerce électronique.

Le sommet de Lisbonne a fixé un agenda afin d'élaborer les réformes stratégiques qui devront conjuguer le respect des règles de la concurrence avec l'objectif du plein emploi. Face à ces défis, l'Europe devra faire preuve d'une capacité novatrice considérable et générer un environnement favorable à la création d'entreprises. La Commission y veillera et mes services continueront à apporter leur concours aux entreprises qui en auront besoin.

Grâce aux nouvelles technologies, nous serons capables de rendre l'Europe plus créatrice d'emplois. Ici, notre capacité d'adaptation sera déterminante.